LES DIEUX INDÉLICATS

Tome 6

Hatchepsout n’est plus ! La reine Tiyi règne en corégence avec son époux le pharaon Aménophis III qui, après quelques expéditions guerrières, se repose sur les exploits accumulés par ses prédécesseurs. Tiyi, usant d’habileté pour imposer ses idées dans les pays voisins, favorise l’arrivée des dieux étrangers. Un commerce de princesses asiatiques s’installe entre l’Égypte et les pays de l’Est et, quand celles-ci n’arrivent pas à destination, les rois asiatiques, mécontents, se sentent déshonorés. C’est le cas de la princesse Choutarna de Babylonie, ce qui offense gravement le roi Kadashman son père. Tiyi, par sa diplomatie, assure et renforce néanmoins les liens entre l’Égypte et les pays de l’Est.
À Karnak, alors que s’établissent des dieux qui ne sont pas égyptiens, les prêtres d’Amon, investis de tous les pouvoirs, veillent, espionnent et, irrités, ne reculent devant aucune forfaiture alors qu’à Thèbes les tensions se déchaînent.
Neby, la jeune scribe publique aux origines confuses, est propulsée au cœur du peuple des pharaons. S’obligeant à passer pour un garçon afin de pouvoir exercer son métier, elle sillonne le Nil à la recherche d’un travail. Certes, elle pense plus à survivre qu’à honorer les dieux qui ne l’ont pas favorisée et dans lesquels d’ailleurs elle ne croit guère.
Les Thébaines, en cette fin de la 18ème dynastie où l’Égypte change de visage, s’adaptent en s’efforçant de conserver leurs acquis.


UN PEU D’HISTOIRE

À la mort de Thoutmosis III, son fils Aménophis II lui succède, continuant sur la même lancée, ses expéditions guerrières ramèneront aussi butins et esclaves. Des colonnes d’hommes, de femmes et d’enfants épuisés et affamés vont sillonner les terres de l’Euphrate jusqu’au Nil, les pieds ensanglantés. Les survivants se verront enrôlés chacun selon son rang et ses capacités. Esclaves, artisans, soldats, seront insérés dans la vie égyptienne et étroitement surveillés par l’armée ou l’administration.


Avec le retour de ces expéditions s’installent d’autres idées, d’autres dieux, et les prêtres d’Amon deviennent méfiants, s’opposant farouchement à tout ce qui se heurte à leur culte. Poussé par de nouvelles idéologies, Aménophis II, plus acharné encore que son père, exige que son fils Thoutmosis IV épouse une Mitannienne, faisant ainsi du futur pharaon un demi-asiatique. Ce dernier, prenant exemple sur ses proches aïeux, bafoue lui aussi les usages établis depuis des siècles, refusant de prendre pour épouse une fille de lignée pharaonique.
Il choisira Tiyi, fille de Thouya, une Thébaine noble, et de Youkka, un prince asiatique.


Tiyi par son sens aigu de la diplomatie, mènera une ferme politique extérieure entre l’Égypte et les pays d’Asie.


LE ROMAN

Ainsi les années passent et sautent trois générations de pharaons glorieux et vainqueurs, ramenant butin, esclaves et nouveaux dieux asiatiques. Les Thébaines se propulsent dans un vent qui ne souffle pas de façon habituelle, enlevant un peu de terre à leurs profondes racines égyptiennes. Mais, il y avait eu tant de sang rebelle, côté femmes, depuis que l’audacieuse Séchat avait été Grande Scribe du pharaon Hatchepsout, que la lignée des Thébaines ne pouvait s'éteindre sans amorcer une aube nouvelle pleine de fougue et d'énergie. La désinvolte Satiah, la Seconde Épouse, bafoue les règles du palais pour vivre sa vie comme elle l’entend, le navigateur crétois dont elle a partagé la passion lui laisse une fille qu’elle doit cacher pour ne pas scandaliser la cour.
L’indomptable Beket préfère suivre une carrière d'artiste peintre plutôt que de fonder une famille tandis que Thouya, l’aventurière, épouse un prince asiatique pour la seule joie de vivre les turbulences d'un voyage exotique et voir les bords de l’Euphrate plutôt que ceux du Nil.

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